
Lehman Brothers est en faillite ! Prêteur historique des très-riches et des jeunes loups avides de capital frétillant, la banque faisait partie, avec JP Morgan, Meryl-Lynch et quelques autres, des institutions historiques du private equity et autres services financiers imbitables. Rendez-vous compte, LB fut fondée en 1850 dans l’Alabama, par deux frères sympa comme tout en plus : 158 ans de bons et déloyaux services, de cajoleries entre financiers, d’arnaque sur capital, de méprises de risques et de flambe sans limite sur fond de siège new-yorkais pharaonique et de dépenses somptuaires. R.I.P L.B !
Bien sûr, les esprits chagrins argueront que des milliers de salariés restent sur le tapis, que des milliards d’euros sont partis – littéralement - en fumée, qu’un pool de compétence d’exception va finir dans l’escarcelle du plus-offrant le moins grippe-sous … sans doute. Mais qu’est ce qu’on en a à foutre ? On a des I-pods !
Eh oui, ce genre d’institutions héritées de la période conquérante du capitalisme occidental, de l’époque où on risquait tout sur une ligne de chemin de fer Chicago-Santa Fe ou sur une compagnie maritime de transport de pavot, ce genre d’anachronisme arrogant, c’est terminé. L’Occident ferme boutique! On liquide on brade messieurs-dames, profitez-en !
Parce que résumons. 1945 : l’Occident triomphe, il a écrasé son fils prodigue, le nazisme raciste et athée, la seule puissance industrielle non-blanche, le Japon, est un tas de ruines radioactives, et l’Amérique est maîtresse du monde. L’Europe est pleine d’espoir, on va reconstruire, on va faire l’Union, la guerre c’est bien fini, et les colonies, après tout, elles ont des droits ces petites.
Le choix était le suivant : 1/ reconquérir le courage de rester riche, c’est-à-dire de défendre nos intérêts économiques et culturels par la force si nécessaire. 2/ développer le courage de s’appauvrir relativement, c’est-à dire renoncer aux traités léonins, au consumérisme, aux folles dépenses d’une populace avide de luxe et de farniente, et aux aventures étrangères : se recentrer sur nous-mêmes, sur nos valeurs historiques et nos racines judéo-gréco-romano-chrétiennes et sur leur substrat, la race blanche, et la jouer sérieux.
En fait de choix, l’Occident, et l’Europe en particulier, n’a décidé ni l’un ni l’autre. Pas de courage de rester riche : les armées sont progressivement sabordées, d’ailleurs on n’a plus d’ennemi, c’est fini tout ça, l’ONU commence à foutre son nez partout, et décrète que les nègres ont des droits, puisqu’ils sont égaux, et on ferme les colonies, ces horreurs barbares, l’Algérie en dernier parce que quand même, l’Algérie c’est la France.
Mais pas de courage de devenir pauvre non-plus. C’est les trente glorieuses que voulez-vous ma bonne dame, il faut bien acheter ces lave-vaisselles, ces voitures de chez Peugeot, et leurs accessoires, et partir en vacances tous les 6 mois puisque les congés sont payés. Et d’ailleurs pourquoi s’arrêter là ? Des films pour tous ! La presse pour tous ! La musique pour tous, partout et tout le temps ! Vite, des I-Pods ! Tout ça d’accord, mais surtout pas d’ennemi. Jamais. Pas de guerre. « Plus jamais ça » devient le leitmotiv de l’époque.
Désormais l’Occident est en faillite, l’Europe depuis longtemps, demain l’Amérique le sera aussi. Toute tentative de redresser la barre, d’aller spolier un pays de bougnoules attardés pour gagner une ou deux décennies de pétrole pas cher par exemple, devient un crime contre l’humanité. Pas de bol, juste au moment ou les ricains ont mis sur pied une armée invincible. Invincible mais bobo : à la maison, on fume de la weed et on ne voit du pétrole que son coût en mauvaise conscience. D’ailleurs l’I-Pod, ca marche sur batteries, non ? Alors ?
Alors on est foutu ! Les barbus en turban et les chinetoques le savent bien, le blanc s’est castré tout seul et implore le reste du monde de venir le dépouiller un peu plus. Il importe des africains en masse au nom de la diversité, cette mère de toutes les forces, et leur offre ses filles. Les niaques ne sont pas si cons, eux qui ont su rester si bêtement racistes, allez-voir à Pékin ou à Tokyo s’il fait bon être un malien sans-papiers…
Enfin, de ces ruines putrides et décadentes de la puissance occidentale, c’est au moins ça que les juifs n’auront pas : Lehman Brothers était aussi un symbole de la toute-puissance de la finance judéo-capitaliste. Et cette force fantasmatique invincible, au cœur de toutes les théories du complot, ne résiste finalement pas mieux que le reste à la déferlante des hordes sexy et affamées du tiers-monde sur la matrice de la Civilisation, avec un C majuscule s’il-vous plait, parce que faudrait pas confondre avec la civilisation bantoue, par exemple, ou dogon. Le buffet est ouvert, et on va bien se régaler.
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