Une bonne occasion de reposter ici, après des années à faire autre chose.
Votré dévoué serviteur babaresque s'était pris d'affection récemment pour newsring.fr, une touchante tentative de Frédéric Taddéi de constituer un machin web 2.0 axé 'débat' et 'grands sujets contemporains' (comme le dirait Richard Descoings). Des sujets proposés par des 'journalistes' et des contributions libres d'internautes y sont étoffées par des discussions. On y parle culture, politique, société, 'médias et bizz', avec comme prétention de "faire avancer le débat" comme on le déblatère aujourd'hui.
Patatra(chyderme) ! "la liberté d'expression" n'a pas le même sens en France et aux Etats-Unis : après un mois de décembre riche de contributions babaresques (plus de 30, au point de devenir le premier du classements des 'influenceurs' du site) solides et argumentées (comme de coutume), l'aventure épique de Babar au pays des soviets a connu une fin soudaine, et il faut l'admettre, assez triste.
Bonjour à nouveau,
Nous avons suspendu votre compte. Votre dernière contribution fleuve (ci-dessous) est grossière, violente et péremptoire, comme l'ont été à bien des égards plusieurs autres de vos interventions. L'injure et la diffamation sont des délits condamnés sur Newsring, et ailleurs.
De plus, vous avez laissé notre dernier avertissement sans réponse. C'est pourquoi nous avons décidé de suspendre votre compte.
Cordialement,
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La rédaction de Newsring
Diable ! Babar aurait-il "dérapé" ? dépassé les bornes ? choqué la bourgeoise ? Ou, qui sait, violé la Loi ? 'Putain' est-il désormais passible d'une amende pour 'infraction à la moralité du langage' ?
Vérification faite, un premier mail de nos amis "journalistes" m'était bien parvenu, en pleines fêtes de Noël, le 26 au matin pour être précis, un peu comme un vieux clodo crasseux que vous trouveriez dans votre hall d'immeuble en rentrant d'un réveillon à l'Ambroisie : sale et subtilement menaçant.
Cher Babar Becue,
Vous participez activement aux débats, et vos points de vue sont intéressants, mais à la lecture de vos réactions du weekend dans le débat sur le foie gras, il me semble important de rappeler quelques règles de savoir-vivre en communauté, à commencer par la vulgarité qui n'est pas acceptable sur Newsring. Le "putain" en début de réaction n'a pas lieu d'être. La langue française offre un vocabulaire assez riche pour exprimer votre colère ou votre exaspération.
De plus, vous flirtez beaucoup trop avec l'insulte envers les autres contributeurs. Vous pouvez trouver les arguments d'autres intervenants faibles et le dire sans pour cela les attaquer personnellement.
Enfin, ce genre de ton ne peut qu'entraîner une escalade de propos déplacés et insultants, ce qui ne fait que tirer le débat vers le bas et l'inconsistante.
Steven Jambot, qui est en copie de ce mail, vous avait déjà expliqué ces points. J'y reviens en tant que modératrice générale du site.
Dernier point, pour gagner en crédibilité, il serait utile de modifier ou juste supprimer le "Pachyderme" de votre profil.
Bien cordialement,
Bon, pas de quoi en faire un fromage : quelques propos un peu virulents lors d'un débat entre partisans du foie gras et de son interdiction(!), je crois que c'était juste après qu'une hystérique eut comparé l'élevage et le gavage des canards "aux camps de la mort", puis une attaque vaguement spéciste à l'égard de Babar (on ne sait pas si ce sont TOUS les pachydermes qui dérangent, ou seulement les éléphants, ou seulement Babar...), si j'avais vu le mail le jour même tout ça ne m'aurait pas vraiment inquiété.
Seulement voila, lors d'un débat sur les jurés populaire lancé autour du 30 décembre, Babar a perpétré CECI :
Pour ou Contre les jurés populaires ?
POUR ; Oui, mais allons jusqu’au bout !
La Justice : une idée sublime servie par des marcassins. Les juges français sont une caste, j’entends au sens le plus étroit du terme, une mafia de mandarins hautains, élevés à l’auge d’une Ecole Nationale de la Magistrature, cette IUFM pour bac +5 qui ne représente plus aujourd’hui que la petite bourgeoisie des centres-villes et les fonctionnaires, ces rentiers bureaucrates.
Les magistrats sont les anges exterminateurs de l’état contemporain, les agents complices et pervers du double suicide juridique de notre époque. D’abord de cette croissante soumission à l’ordre externe, cette inféodation de la France aux traités, conventions, accords, protocoles et autres sécrétions du droit international qui prétendent, dans le cadre de l’Union Européenne, du Conseil de l’Europe ou d’autres machins plus ou moins légitimes mais toujours plus nombreux, régenter nos vies et nos sociétés, de l’applicabilité de la peine de mort jusqu’aux droits des animaux. L’essentiel de nos lois sont aujourd’hui le résultat de « transpositions », ce joli mot désignant l’intégration dans l’ordre interne de diktats extérieurs sur lesquels le peuple n’a plus rien à dire. Les Français ne font plus leurs lois, on les fait pour eux, et ce n’est pas un hasard si des radars routiers aux lois mémorielles, les textes liberticides et infantilisants se multiplient. Les juges sont les co-perpétrateurs de cette forfaiture parce qu’ils en sont les exécutants dévoués.
Ensuite et surtout de la trahison du peuple, justement, via une véritable philosophie de la permissivité née dans le bouillon gauchiste dans lequel barbotait l’ENM dans les années 60 et 70. Cette philosophie est celle de la déification du délinquant, surtout s’il est étranger, en cela qu’il est à la fois une victime de la société, un opprimé, donc un saint de la phraséologie marxiste, et parce qu’il est nécessairement amendable, corrigible, récupérable, et qu’il justifie ainsi l’existence de toute cette industrie péri-judiciaire incarnée dans la cohorte des avocats sans foi ni loi, des assistants sociaux, agents de réhabilitation et autres psychologues spécialisés qui prolifèrent dans l’humus des prétoires.
Jamais les français n’ont autant trinqué qu’aux mains de cette camarilla : multiplication des textes et des règlements, condamnations iniques pour des délits d’opinion ou de modestes infractions fiscales, sans parler des frais de justice à la croissance exponentielle et qui ont laissé plus d’un innocent sur la paille. Mais jamais ils n’avaient non plus souffert d’un tel déni permanent de justice, d’une telle ignominie pénale, avec ces bandes de meurtriers libérés pour vice de forme, ou dont la peine de prison n’est jamais exécutée, avec tous ces multi-récidivistes dangereux relâchés pour bonne conduite, ou avec ces élites crapuleuses, trop bien conseillées pour se faire pincer.
Il faut donc instaurer des jurys populaires à tous les échelons, de la correctionnelle aux assises, en passant par les juridictions spécialisées, mais ce serait là un minimum. On sait que les sanctions prononcées seraient ainsi souvent plus sévères, par exemple à l’encontre des brutes qui sévissent dans nos rues ou des élus corrompus, mais elles le seraient sans doute moins à l’endroit de citoyens honnêtes, non-violents, qui ont souvent pour seul tort de méconnaitre une législation pléthorique et absconse.
Mais il faut surtout que les juges soient élus par ceux au nom desquels ils disent le droit, c'est-à-dire par nous, et qu’ils cessent ainsi d’être ‘recrutés’ comme de vulgaires fonctionnaires municipaux, dans une filière qui sélectionne surtout les plus dociles et les plus conformes à l’idéologie contemporaine. Un juge qui doit répondre de ses décisions devant le peuple qui l’a élu ne peut plus agir systématiquement contre l’intérêt de ce dernier : en devant rendre des comptes, il doit aussi prendre toute la mesure sociale et morale des décisions qu’il rend.
Une opinion dont la plupart conviendront qu'elle fait plutôt preuve de modération compte tenu du scandale permanent que constituent notre justice et notre politique pénale, mais dont j'admets aussi qu'elle prend quelques libertés formelles en empruntant - sans s'en cacher - au registre du pamphlet.
Personnellement, il me fut difficile de croire que ce simple texte eut pu mériter l'exclusion définitive du premier contributeur du site. J'ai donc répondu ainsi à "Noémie", la 'journaliste' qui m'avait fait part de la sanction décidée par l'autorité de discipline :
Chère Noémie,
1 - Je viens seulement de remarquer le "premier mail" (du 26/12), dont je prends par ailleurs bonne note ; veuillez noter que je ne figurais pas parmi les plus agressifs lors du débat sur le foie gras, certaines contributions ayant fait montre d'un mépris scandaleux envers la Mémoire. Si j'ai pu me montrer vexant, je le regrette.
2 - Eu égard à la seconde 'opinion', celle portant sur les juges : je regrette que vous la trouviez outrancière, ce n'était pas là mon but. Les problèmes posés sont, à mon sens, bien réels : déni de justice dans biens des cas, voire la récente campagne de l'Institut pour La Justice, dont Newsring s'est étonnamment fort peu fait l'écho ; déficiences notoires dans la formation dispensée par l'ENM ; impunité généralisée sur laquelle prospèrent les extrêmes. Je prends là aussi bonne note de votre critique sur la forme, que par ailleurs je ne conteste pas, et pour laquelle j'accepte le blâme.
Je trouve néanmoins la suspension d'office fort sévère, surtout avec si peu d'égards. Après tout, si vous vous débarrassiez aussi légèrement de tous vos principaux contributeurs, ne trouvez-vous pas que les débats y perdraient en sel et en intensité ?
Je ne crois par ailleurs pas que vous puissiez trouver d'exemples parmi mes contributions d'attaques ad-hominem, ni de propos diffamatoires, du moins aux yeux de la loi : personne n'est visé en particulier dans ma dernière diatribe, et la jurisprudence confirme qu'il n'est pas interdit de critiquer un corps ou une institution dans son ensemble.
J'espère donc que cette mesure de suspension n'est que temporaire, et que vous saurez, après lecture de ce mail, faire preuve de l'ouverture d'esprit et du sens du débat qui me permettront de contribuer à nouveau dans les plus brefs délais. Je mettrai de mon côté un point d'honneur à modérer mes propos et à les adapter à ce qui est en train de devenir votre ligne "éditoriale".
Dans l'attente d'une réponse de votre part, je vous prie Noémie de bien vouloir agréer etc. etc.
BBBQ.
On le voit, cette réponse est d'une humilité de bon aloi et vise avant tout au compromis. Nous verrons si la grosse patte de Babar, même blanchie, suffit à regagner les faveurs de cet amusant site et de ses incorruptibles 'journalistes'.
EDIT: Newsring, suite [13 janvier]
des nouvelles de nos 'journalistes' ! Ca valait le coup d'attendre, leurs derniers emails sont un délice de suffisance hypocrite et de veulerie collaborationniste.
Bonjour Babar Becue,
Nous avons bien reçu votre email, et en avons pris bonne note. Merci d'avoir pris le temps de nous répondre. Nous étudions avec tout le soin nécessaire votre demande de ré-intégrer Newsring.
Faisons le point lundi prochain, si vous voulez bien.
Bonne journée et à lundi.
ahah ! en bonne maîtresse d'école, notre amie fixe les délais, le tempo, elle mène la danse ! Pas de nouvelles d'elle le lundi suivant cela dit, j'ai donc dû la relancer. Pour recevoir ça :
Cher Babar,Comment ?! définitive ? Au vu de mes derniers emails ? Qu'ai-je donc bien pu dire ? Ma véritable identité, voilç qui est intéressant. Notez le ton étudié, très "NKVD", qui fleure bon l'archipel-frigidaire et le retournement d'ongles sur fond de marches militaires et de cymbales. Disons-le même franchement : cette injonction à fournir "ma véritable identité" sonne moins comme un "papiers siouplait" que comme un funèbre "Papier Bitte!"...
Au vu de vos derniers emails et de nos échanges précédents, nous avons décidé de rendre votre suspension définitive. Ceci, à moins que vous nous fournissiez votre véritable identité.
Bien cordialement,



